A propos de l’architecture de Montagne par Jean-Noël Picot, président du comité de pilotage du SIIAM

C’est une architecture qui se doit d’être contextuelle, de respecter le site naturel. Mais surtout elle doit être locale. Nous avons la chance de bénéficier d’entreprises qui ont un niveau d’expertise assez exceptionnel. Nous avons la chance d’avoir sur place les matériaux : l’épicéa, le mélèze, la pierre… L’idée est de faire en sorte que cette architecture soit tirée du site, de ses habitants et de ses matériaux. C’est une architecture dense : la densité revêt un enjeu considérable puisque le site est l’outil économique pour les habitants. Plus nous avons de densité, mieux nous préserverons le site dans lequel on vient s’installer. Je pense aussi que l’architecture doit être à l’échelle du piéton. Ce qui signifie que tous les services doivent être disponibles à pied. Cela ne veut pas dire une architecture basse, cela peut-être une architecture plus ambitieuse mais qui permet de vivre avec bonheur la densité et qui proscrit le développement du déplacement en automobile.

C’est une architecture de qualité. Le site en montagne est exceptionnel, la Nature a une grande importance, c’est une Nature fragile. On se doit, en tant qu’architecte, de proposer de la qualité. La qualité c’est une architecture créative (c’est d’ailleurs à la montagne que l’architecture a été la plus créative au cours du 20ème siècle). Cela veut dire aussi la qualité au niveau des principes constructifs, on a longtemps cru que l’architecture de montagne était assez homogène autour de la construction bois, c’est faux. Les principes constructifs étaient assez différents : à colonnes, à clés… Mais toujours de qualité pour faire face à une Nature hostile, de par les conditions climatiques, de par les conditions de pente. La qualité architecturale c’est la qualité des créations, qualité structurelle, capacité à construire des bâtiments qui résistent aux conditions climatiques et de relief difficile, et de faible impact sur l’environnement. En terme d’avenir, on a oublié pendant la deuxième moitié du 20ème siècle, avec l’énergie abondante et peu chère, qu’il peut être impactant pour l’environnement de vouloir faire des terrassements importants. On ne peut plus faire de grands terrains plats à flanc de montagne, contrarier la pente naturelle. A ce titre là, il convient, en tant qu’architecte, d’être extrêmement vigilant que ces constructions soient peu « impactantes », qu’elles se « posent » délicatement sur les pentes et qu’elles fassent intervenir des matériaux locaux, tel le bois. On a trop utilisé le béton, on sait aujourd’hui, si la liaison au sol est assurée par le béton, construire en bois, même du collectif.